Le personnage le plus présent de votre histoire est peut-être le plus absent.

Savez-vous ce qu’on appelle l’arlésienne ? Non, même si le nom semble l’évoquer, ce n’est pas une danse.

En narration, l’arlésienne désigne un personnage dont on parle sans cesse, qui occupe l’imaginaire des autres protagonistes, mais qui n’apparaît jamais réellement à l’écran. Sa force dramatique réside précisément dans son absence : plus on l’évoque, plus sa présence devient obsédante, mystérieuse, parfois même structurante pour l’histoire.

Au théâtre : Godot dans En attendant Godot de Samuel Beckett ou Le Tartuffe de Molière.

En littérature et en cinéma : Kurtz dans Au cœur des ténèbres de Conrad (et son adaptation Apocalypse Now), personnage central que l’on ne découvre qu’à la toute fin, après une longue attente construite par le récit.

Dans les séries : Marlis dans Columbo, épouse invisible constamment mentionnée mais jamais vue, qui devient presque un personnage à part entière.

La technique de l’arlésienne se révèle particulièrement efficace pour installer un suspense durable dès l’ouverture du film. Pensez-y lors de vos prochaines écritures.

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Un été de courts-métrages.

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Vous connaissez votre personnage ? Prouvez-le. Faites-le parler.