Pas de story sans backstory.

Porto, 2026.

Je suis en train d’analyser trois projets pour une société de production étrangère.

Les trois reposent sur des concepts forts. Les univers sont intéressants, les promesses alléchantes.

J’ai hâte de découvrir les traitements.

Mais les pages s’enchaînent et, très vite, c’est la désillusion.

Le premier projet, pourtant le plus prometteur, pèche par un manque d’enjeux et d’obstacles. En clair, on s’ennuie.

Les deux autres sont trop complexes, trop emberlificotés. Les intrigues se perdent dans des labyrinthes narratifs dont on ne trouve jamais la sortie.

Malgré ces faiblesses, le producteur semble convaincu que ses projets sont quasiment aboutis. Selon lui, quelques mois suffiront pour parvenir aux versions définitives et lancer la production.

Je suis beaucoup moins optimiste. Je parierais même que ces projets nécessiteront encore plusieurs années de développement. À moins qu’ils ne voient jamais le jour.


Mais qu'est-ce qui cloche, au juste ?

Sur Terre, rien ne naît de rien. Toute existence s’inscrit dans un contexte, une ascendance, une succession de micro-événements et de bouleversements qui conduisent, un jour, à une naissance, qu’elle soit réelle, métaphysique ou allégorique.

Avant vous, il y avait vos parents. Avant eux, vos grands-parents, puis vos arrière-grands-parents. Des rencontres, des histoires d’amour, des rivalités, des mariages, des ruptures. Une ribambelle de petits mondes, de circonstances et de trajectoires qui finissent par se croiser, fusionner et donner naissance à un environnement dans lequel vous venez au monde.


Pourquoi en irait-il autrement pour une histoire ?

Avant chaque récit, il existe un monde à inventer. Un passé à construire. Des événements à imaginer pour expliquer comment les personnages en sont arrivés là où nous les découvrons.

C’est ce qu’on appelle la backstory.


Pas de backstory. ➡️ Pas de story.


Et c’est précisément ce qui faisait défaut aux trois projets que je viens d’analyser : des histoires écrites au fil de l’eau, sans véritables fondations dramaturgiques.

Construire une backstory, c’est imaginer l’histoire avant l’histoire.

C’est inventer des noms, des lieux, des contextes, des ambitions et des rêves déçus. C’est faire naître des rivalités, des amours, des blessures et des secrets. C’est donner un passé aux protagonistes, mais aussi une mémoire au monde dans lequel ils évoluent.

À titre personnel, je conseille toujours aux scénaristes de réfléchir à leur backstory avant de se lancer dans l’écriture du récit proprement dit.

Non seulement l’exercice leur permet de donner des fondations solides à l’intrigue, mais il constitue aussi une formidable réserve d’inspiration lorsque l’écriture s’essouffle. Car une backstory bien construite ne sert pas seulement à expliquer le passé : elle nourrit les conflits, les enjeux et les rebondissements du présent.


Par où s’y prendre pour écrire une backstory ?

Tout simplement en se posant les bonnes questions  :

Qui ? Quoi ? Comment ? Où ? Pourquoi ? Quand ?

Six questions en apparence élémentaires, mais dont les réponses peuvent transformer radicalement la solidité d’un récit.

Réponsez à ces questions ! Et  si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez l’approfondir, sachez que j’y ai consacré un passage dans mon eBook, disponible gratuitement en cliquant ici.

 

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